mercredi 17 juillet 2019

CI / SITUATION SOCIO-POLITIQUE : MME MARIE CARINE BLADI , PRESIDENTE DU NOUVEL IVOIRIEN-CÔTE D’IVOIRE NOUVELLE(NICIN) SE PRONONCE

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Après ses tournées empreintes de succès dans le Haut Sassandra et le Guémon, Mme Marie Carine Bladi, présidente du N.I.C.I.N (Nouvel Ivoirien Côte d’Ivoire Nouvelle) fait le point sur la misère observée au niveau de la population en générale et du monde paysan desdites régions en particulier. Elle en profite pour se prononcer sur la question de la de l’achat de la pièce d’identité sous le régime Ouattara et bien d’autres questions relatives à  l’actualité.

INTERVIEW

 

Journaliste : BONJOUR MADAME LA PRESIDENTE, COMMENT SE PORTE VOTRE PARTI?

Mme Marie Carine Bladi : Le NICIN se porte très bien. Nous venons d’une tournée à l’ouest du pays à l’invitation de nos délégués régionaux. Cette tournée a été un véritable succès dans l’ensemble. Nous avons eu de grands moments de partage avec les populations qui nous ont fait connaître leurs différentes préoccupations. Lesquelles auront des solutions le plutôt possible.

J’ai été marquée au cours de cette tournée par la paupérisation grandissante de la population, due à la mévente des produits agricoles.

Paradoscalement, ceux qui en longueur de journée parlent de croissance ne voient pas la misère des paysans. Et pourtant, ce devait être chose faite. Ce qui semble réjouissant, est que les populations ont espoir qu’avec le NICIN, les données changeront. D’où la forte mobilisation dans le Guémon.

 

J : QUEL REGARD PORTEZ-VOUS SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE ?

M.C.B : la situation est crispée et le dialogue est rompu, voire un dialogue de sourd entre le gouvernement ivoirien et l’opposition. Je m’explique : la question de la gratuité de la carte d’identité et la réforme profonde de la CEI ne fait pas l’unanimité entre le pouvoir  en place et l’opposition. Or ce sont des choses à régler avant les élections présidentielles de 2020. Notre parti le NICIN souhaite œuvé dans un climat de paix. Car c’est un parti exempt de violence et de tricherie.

 

J : SOYEZ UN PEU PLUS  EXPLICITE MADAME LA PRESIDENTE ?

M.C.B : Nous ne pouvons pas aller aux élections présidentielles avec cette commission électorale dite indépendante et qui ne l’ai pas dans le fond. En 2010, elle a été au cœur de la crise post-électorale. Et puisque les mêmes causes produisent les mêmes effets, que pouvons-nous attendre de cette CEI ?

Elle est illégale et illégitime dans toute sa composante. Par ce qu’elle n’est pas représentative de la société civile. Encore moins des partis politiques présents. Mais bien au contraire, elle est contrôlée par le pouvoir en place. Un regard rétrospectif sur les dernières élections municipales confirme mes propos. En effet, celles-ci ont été organisées avec des fraudes massives et assez de trucages des résultats. La suite nous la connaissons tous. Il faut changer cette commission électorale, la réformer pour qu’elle inspire confiance à tous les partis politiques y compris la société civile. Autrement, le RHDP prorogera son mandat à la tête de l’Etat et les frustrations continueront au sein de la population. Dans cette optique la Côte d’ivoire ne connaitra jamais la paix  tant recherchée par ses filles et fils. Concernant la gratuité de la pièce d’identité c’est tout à faire normal. En 2009 la confection de ladite pièce a été gratuite. Comment expliquer qu’en pleine croissance à deux (02) chiffres dont on nous parle à longueur de journée, les ivoiriens doivent débourser la sommes de cinq mille franc cfa (5 000 f cfa) pour sa confection. Pis, nos députés, les élus du peuple dans leur majorité vote cette loi à l’hémicycle. Or le peuple dans sa majorité désavoue cette décision et crie son ras-le-bol. Quelle paradosce ?

 

: LE NICIN COMPTE T-IL PARTICIPER AUX ELECTIONS PRESIDENTIELLES ?

M .C.B : Evidemment, nous allons participer à ces élections. Mais nous avons un préalable. C’est pourquoi nous voulons qu’elles soient crédibles, transparentes et équitables. Nous sommes prêts à gouverner la Côte d’Ivoire, étant donné que nous constituons une alternative crédible face à ces acteurs politiques qui ont déjà gouverné ce pays et n’ont rien apporté au peuple à part la guerre et la pauvreté.

 

: VOUS PARLEZ DE MISERE ALORS QUE LE GOUVERNEMENT PARLE DE CROISSANCE ?

M .C.B : De quelle croissance parle t-on ? Quand les filières agricoles sont en lambeaux, le café,  le Cacao, l’hévéa et même l’anacarde se vendent mal. Et que dire de la population qui à peine peut s’offrir un repas par jour dans l’ensemble. Or nous savons tous que les paysans constituent 60% de la population active. Et pourtant, ils vivent dans la misère et n’arrivent pas à se soigner encore moins à scolariser leurs enfants. Le gouvernement Ouattara a échoué sur tous les plans, laissant les ivoiriens dans un dénuement total avec des discours démagogiques. Pis, l’insécurité est grandissante et la réconciliation à pas de tortue.

 

: MADAME LA PRESIDENTE, QUE FAUT-IL FAIRE SELON VOUS, SUR LE CHANTIER DE LA RECONCILIATION ?

M .C.B : Je pense qu’il est temps, de libérer tous les prisonniers de la crise postélectorale et de dégeler les comptes de ceux dont lesdits comptes sont encore gelés. Il faut que les ivoiriens arrivent à se parler et ceux qui leur ont causé le tort fassent profil bas et demandent pardon. Le régime actuel a une conception machiavélique de la gestion du pouvoir à savoir faire perdurer la terreur pour mieux régner heureusement, cela ne peut pas continuer éternellement car le peuple a vite pris conscience du combat qu’il a à mener.

 

: EST-CE QUE LE NICIN A DES RECETTES POUR REGLER LES PROBLEMES DES IVOIRIENS ?

M .C.B : Evidemment, c’est la raison suffisante pour laquelle nous avons décidés de nous présenter aux élections présidentielles en 2020. Autrement, nous seront des spectateurs de la scène politique ivoirienne. Je pense que sur la question de la réconciliation, la commission vérité et réconciliation a fait un travail remarquable. Malheureusement les conclusions de ces travaux n’ont jamais été appliqués, par ce qu’on veut occulter la vérité aux ivoiriens. A part les proches du président Laurent Gbagbo qui ont été poursuivis en justice, les autres ayant commis d’énormes atrocités, n’ont jamais été inquiétés.

Pis, ils ont été nommés à des postes de responsabilité. Au niveau social il faut faire quelque chose. En effet, il faut arrêter de trop fiscaliser les filières agricoles, cela pose d’énormes préjudices aux producteurs qui ne vivent pas de leurs efforts et qui sont spoliés par les multinationales. Il faut une réforme agricole. Quand les produits agricoles sont mieux payés la pauvreté recule. Il faut une véritable assurance maladie et une équité au niveau éducatif. Nous devons revenir à la gratuité au niveau de l’école. Nous avons un projet et un programme pour la transformation de notre pays que nous n’allons pas d’ores et déjà déballer a cette interview. Au temps opportun vous le saurez.

 

: A PROPOS DE LA RECONCILIATION, CERTAINS SOUHAITENT LE RETOUR DE LAURENT GBAGBO EN COTE D’IVOIRE. QU’EN PENSEZ-VOUS ?

M .C.B : Je voudrais tout d’abord me réjouir de la libération de son épouse qui est une femme battante, une combattante pour les libertés et la démocratie en Côte d’Ivoire.

Si aujourd’hui l’ivoirien peut s’exprimer c’est grâce au combat du FPI et de ses leaders. Concernant le cas du président Laurent Gbagbo, il est le maillon essentiel de la réconciliation et sa place est en Côte d’Ivoire. Il a été acquitté, il doit donc rentrer au pays pour retrouver sa famille et le peuple ivoirien.

 

: REVENONS A VOTRE PARTI AUJOURD’HUI C’EST LE JEU DES ALLIANCES DANS LE PAYSAGE POLITIQUE ? EST-CE QUE LE NICIN Y PENSE ?

M .C.B : Nous y avons déjà pensé. Pour l’instant, nous ne sommes pas dans une alliance, mais cela viendra. Ce qui est important pour nous, est la confiance que nous voue les ivoiriens. Nous continuerons à faire nos tournées pour partager avec le peuple ivoirien notre vision de la Côte d’Ivoire Nouvelle, qui se veut unie et prospère avec le NICIN. Les ivoiriens doivent se retrouver pour bâtir leur pays dans la fraternité. Je voudrais profiter de votre micro pour lancer un appel à la classe politique. ‘’ La Côte d’Ivoire appartient aux ivoiriens et ces derniers sont fatigués de la guerre. Pour ce faire, il faut des élections apaisées et transparentes pour que le meilleur gagne’’.

Nous avons la conviction qu’en 2020 nous serons les vainqueurs de ces élections présidentielles, par ce que les ivoiriens veulent une nouvelle classe politique qui serait tout comme une bonne mère qui partage le repas en famille à ses filles et fils de façon équitable. Cette bonne mère je le suis. Reste, que le peuple me confie les rênes du pouvoir en 2020.


Source: SERCOM NICIN

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